Après la signature historique des Accords Artémis avec la NASA, des accords stratégiques avec l’Agence spatiale européenne et le CNES, l’adhésion au Projet de Station de recherche orbitale lunaire de la Chine, en passant par une présence remarquée au récent Sommet International de l’espace à Paris, l’Agence sénégalaise d’études spatiales a multiplié les rencontres avec ses homologues africains lors de la première édition de l’Africa Space Expo, ASPEX 2026. Une étape diplomatique dont les résultats se mesureront aux coopérations qui en découleront.

À l’Africa Space Expo, qui s’est tenue du 24 au 26 septembre dans la capitale économique ivoirienne, le Sénégal a présenté le spatial comme un champ de coopération entre États africains. Sous la conduite du Directeur général Maram Kairé, l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES) a tenu des discussions bilatérales avec les responsables des agences spatiales de la Côte d’Ivoire et du Nigeria, tout en poursuivant ses échanges avec des partenaires internationaux.

Le déplacement marque une inflexion dans la visibilité diplomatique de l’ASES. À Abidjan, l’enjeu était de donner à ces relations internationales un ancrage continental plus affirmé.
Selon le compte rendu de l’ASES, Maram Kairé s’est entretenu avec Tidiane Ouattara, Directeur général de l’agence spatiale ivoirienne, puis avec Adepoju Matthew, son homologue nigérian. Le document décrit des échanges sur les expériences des agences, leurs priorités et les complémentarités possibles. Le prochain enjeu : transformer le dialogue engagé à Abidjan en projets communs.

Le pavillon sénégalais donnait à voir une autre dimension de cette ambition. Autour de l’ASES figuraient une forte délégation sénégalaise comprenant notamment le Centre de suivi écologique, SENUM SA, la Direction des TIC du ministère des Télécommunications et du Numérique, le secteur privé avec l’entreprise Telluriq et l’association Women in Space Sénégal. Cette composition suggère que le Sénégal entend faire du spatial un outil utile à plusieurs secteurs, de l’observation du territoire aux services numériques, en associant institutions publiques, entreprises et compétences scientifiques. Le pavillon a reçu la visite d’autorités ivoiriennes lors de l’ouverture du salon, en présence de Son Excellence Paul Benoît Barka Sarr, ambassadeur du Sénégal en Côte d’Ivoire.

L’étape d’Abidjan n’a pas limité l’ASES aux échanges africains. Son Directeur général a également reçu dans le stand du Sénégal des représentants du Département d’État américain et de la NASA, le Directeur général de l’agence spatiale des Émirats arabes unis, ainsi qu’une délégation de l’agence spatiale allemande DLR accompagnée de la GIZ.
Il a, par ailleurs, participé à un panel de haut niveau consacré aux partenariats pour l’économie spatiale euro-africaine, où ont été discutés les besoins des institutions, l’accès aux marchés et les conditions d’une coopération durable.
Cette série de rencontres dessine la méthode de l’ASES : maintenir des liens avec des partenaires disposant d’une longue expérience spatiale, tout en resserrant les relations entre agences du continent. Pour le Sénégal, l’intérêt potentiel est concret. Les données et technologies spatiales peuvent contribuer au suivi environnemental, à la gestion des risques ou à l’aménagement du territoire. Encore faut-il que les échanges diplomatiques débouchent sur des compétences, des applications et des partenariats accessibles aux acteurs sénégalais et africains.
À Abidjan, l’ASES a donc surtout franchi une étape de positionnement. Elle a montré qu’elle voulait prendre part aux discussions sur l’avenir du spatial africain, aux côtés de ses voisins comme de ses partenaires internationaux. La portée de cette diplomatie se jugera désormais à ses suites : des programmes définis ensemble, des savoir-faire partagés et des usages qui répondent aux besoins nationaux et du continent.

