Dans le cadre du New deal technologique, une délégation du ministère des Télécommunications et du Numérique conduite par la Directrice de cabinet, Sira Niang Sy, a effectué, ce jeudi une visite de travail au sein de l’unité d’assemblage informatique de l’entreprise SunuCorp, basée à Keur Ndiaye Lo.
Cette démarche s’inscrit au cœur de l’initiative Sénégal Digital Factory (composante Industrie manufacturière PRJ 8.2 du Programme 8). L’objectif des autorités est de répondre à un constat majeur : bien que le Sénégal enregistre un taux de couverture 4G de 97 % du territoire, 54 % de la population reste privée d’équipements informatiques et mobiles en raison de coûts d’acquisition trop élevés. Pour y remédier, l’État mise sur la structuration d’une chaîne de valeur locale pour réduire le coût du matériel et résorber la fracture numérique.
Fondée par l’ingénieur en aérospatiale Abdourahmane Gaye, SunuCorp déploie un modèle axé sur l’importation de pièces détachées (cartes mères, processeurs) réassemblées localement sous forme d’ordinateurs portables, d’unités tout-en-un, d’écrans interactifs et de totems.
L’activité s’accompagne d’un programme de formation gratuite destiné à des étudiants issus d’écoles d’ingénieurs et de lycées techniques. Le site pilote dispose d’une capacité de production estimée à environ 7 500 ordinateurs par an. L’entreprise ambitionne d’étendre son réseau via des ateliers d’assemblage secondaires intégrés dans des établissements.
Pour le ministère des Télécommunications et du Numérique, l’appui à la production locale s’articule autour de trois axes stratégiques. Premièrement, la maîtrise de la sécurité informatique est centrale, car l’assemblage sur le territoire national offre un contrôle sur la chaîne d’intégration matérielle et logicielle. Cette traçabilité vise en priorité à répondre aux exigences de sécurité des ministères régaliens comme les Forces armées, l’Intérieur ou les Affaires étrangères.
Deuxièmement, à travers le dispositif Sénégal Digital Factory, l’administration entend regrouper et mutualiser la demande des services publics pour permettre aux acteurs locaux de participer aux marchés d’équipement institutionnels et éducatifs.
Enfin, l’innovation adaptée aux besoins nationaux constitue le troisième axe, avec le développement de fonctionnalités spécifiques, telles que les commandes vocales en langues locales, envisagées pour simplifier l’accès aux technologies dans les zones rurales ou pour les usagers non-alphabétisés.
En marge de la visite, le Directeur de l’Économie numérique, Roger Thiam est revenu en détail sur la mission d’accompagnement assurée par l’administration, soulignant la volonté de l’État de faciliter le travail des acteurs industriels locaux.
« Le réseau Sénégal Digital Factory est constitué de la façon suivante : nous faisons le travail le plus dur d’un industriel. C’est harmoniser la commande publique, faire de telle sorte que le meilleur Sénégalais, qui répond aux critères de transparence et d’exigences techniques, puisse les remporter et produire ces dispositifs ici au Sénégal », dit-il.
Le Directeur de l’Économie Numérique a ensuite rappelé que cette approche locale répond également à un impératif majeur de sécurité nationale pour les institutions. « Il s’agit de faire de telle sorte que les parapublics, comme les institutions publiques qui bénéficieraient de ces équipements, puissent avoir accès à l’ensemble des composants qui sont dans les équipements. C’est pour garantir notre sécurité. Raison pour laquelle il faisait mention du Ministère des Forces Armées, des ministères de souveraineté comme l’Intérieur, etc. », a-t-il expliqué.
Pour finir, il a précisé le rôle fondamental joué par les agents publics dans la libération du potentiel d’innovation et de formation porté par les entreprises nationales.
« Et nous aujourd’hui, on a ce travail comme étant des agents publics, de faire cette harmonisation de la commande publique et de la leur apporter, pour qu’eux puissent se concentrer sur leur création de valeur, sur l’innovation qu’ils nous proposent, et surtout sur la mobilisation et la formation des jeunes, qui sont devenus aujourd’hui des ressources extraordinaires mises à leur disposition », fait-il remarquer.

