Le président burkinabé Ibrahim Traoré a confirmé que son gouvernement n’a pas abandonné son ambition de développer l’énergie nucléaire civile, insistant sur l’importance de la souveraineté technologique dans ce domaine stratégique.
Bien que le projet de nucléaire civil du Burkina Faso soit resté discret depuis 2024, le capitaine Ibrahim Traoré a profité d’une récente interview pour clarifier les intentions de son gouvernement. Contrairement aux spéculations selon lesquelles ce dossier aurait été abandonné, le chef de l’État réaffirme sa détermination à poursuivre cet objectif stratégique.
Le président insiste cependant sur le fait qu’il ne s’agit pas de précipiter les choses. Il met l’accent sur un élément fondamental : la souveraineté. Pour Traoré, développer une capacité nucléaire sans maîtriser tous les aspects technologiques et humains serait incompatible avec les aspirations d’indépendance du Burkina Faso. Il refuse catégoriquement d’envisager une centrale nucléaire fonctionnant sous assistance étrangère.
Cette approche implique un investissement significatif dans la formation de ressources humaines locales. Le gouvernement a déjà initié l’envoi d’une première promotion d’étudiants burkinabé pour se former aux métiers du nucléaire. Le président souligne que ces futurs ingénieurs doivent non seulement acquérir des compétences techniques, mais aussi participer activement à l’installation et à la gestion des futures installations. Il estime que la formation d’un ingénieur nucléaire peut nécessiter entre cinq et sept ans, période au cours de laquelle l’apprentissage d’une langue étrangère peut être requis.
Cette vision privilégie une autonomie complète dans la maîtrise de la technologie nucléaire, mettant en avant que ce sont des Burkinabé qui devront comprendre et gérer ces centrales d’énergie. Le projet s’inscrit dans une stratégie de long terme, sans calendrier artificiel ni précipitation.
