Le déploiement de la 5G s’accélère en Afrique. Cette technologie mobile est présentée comme un moyen d’accélérer la transformation numérique en cours sur le continent.
L’opérateur télécoms Orange Liberia est devenu la semaine dernière le premier opérateur à lancer un réseau mobile 5G dans le pays. Cette évolution intervient dans un contexte où environ 70 % des habitants n’utilisent pas encore Internet, selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT).
Selon Orange, cette technologie ouvre la voie à de nouvelles possibilités en matière de connexion, de création, de travail et de divertissement. En effet, la 5G promet des débits plus élevés et une latence réduite par rapport aux générations précédentes de réseaux mobiles. Ces caractéristiques peuvent favoriser le développement de services numériques plus exigeants, notamment dans les domaines du streaming vidéo, des jeux en ligne, du travail à distance et des applications professionnelles.
Des réseaux mobiles étendus, mais un usage de l’Internet encore à consolider
Le déploiement de la 5G au Liberia intervient dans un contexte où les générations précédentes de technologies mobiles sont déjà relativement bien développées. Selon l’UIT, la 2G et la 3G couvraient respectivement 98 % et 94 % de la population libérienne en 2025. La 4G couvrait, quant à elle, 93 % des habitants. En matière d’usage, 54,8 % de la population utilisait la téléphonie mobile.
Les défis liés au déploiement et à l’usage de l’ultra-haut débit
Le premier défi concerne l’étendue de la couverture. Le lancement commercial de la 5G ne signifie pas que cette technologie sera immédiatement accessible sur l’ensemble du territoire. Orange Liberia n’a pas encore précisé les zones desservies au démarrage ni l’ampleur du déploiement. Le calendrier des autres opérateurs n’est pas non plus connu. Le risque, déjà observé dans d’autres marchés africains, est donc de voir les premières offres concentrées dans les zones urbaines les plus rentables, tandis que les localités rurales restent dépendantes des générations précédentes de réseaux.
Cette difficulté n’est pas propre au Liberia. Dans son « Ericsson Mobility Report » de novembre 2023, Ericsson souligne que la rentabilité limitée des sites télécoms en milieu rural, liée à la faiblesse des revenus moyens par abonné, freine l’extension des réseaux en Afrique subsaharienne. Les coûts de construction et de maintenance peuvent y dépasser les recettes attendues. En 2022, l’entreprise technologique suédoise indiquait déjà que le déploiement initial de la 5G pouvait nécessiter entre 3 et 8 milliards de dollars par pays. L’extension de la couverture à l’échelle nationale pouvait ensuite exiger des investissements supplémentaires représentant 20 à 35 % de ce montant.
Au-delà de la couverture, l’adoption de la 5G dépendra également de la capacité des consommateurs à accéder aux services. Le prix des smartphones compatibles et celui des forfaits de données peuvent constituer un frein. Les compétences numériques, la disponibilité de contenus répondant aux besoins locaux et la qualité des services proposés pèseront aussi dans la décision d’utiliser ces technologies.

