Le Maroc a fixé à 2030 ses objectifs en matière d’économie numérique et d’intelligence artificielle, avec des ambitions en matière d’emplois, de formation et de contribution au PIB. La mise en œuvre de ces programmes relève désormais du portefeuille confié à Ahmed Rahhou.
Ahmed Rahhou (photo)est désormais ministre de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’administration au Maroc. Il a été nommé le vendredi 16 octobre lors de la formation à Rabat du nouveau gouvernement, dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri, par le roi Mohammed VI. Il quitte la présidence du Conseil de la concurrence, qu’il occupait depuis mars 2021, pour rejoindre un exécutif qui donne désormais une place explicite à l’intelligence artificielle dans l’intitulé du portefeuille chargé des politiques numériques.
Diplômé de l’École polytechnique de Paris en 1980 et de l’École nationale supérieure des télécommunications en 1982, Ahmed Rahhou a commencé sa carrière dans l’informatique, à Royal Air Maroc, avant d’évoluer dans le secteur bancaire. Il a ensuite dirigé Lesieur Cristal à partir de 2003, puis le Crédit immobilier et hôtelier (CIH Bank) de 2009 à 2019. Cette dernière année, il a été nommé ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne, avant de prendre la tête du Conseil de la concurrence en mars 2021.
À la tête du Conseil de la concurrence, Ahmed Rahhou a notamment supervisé une procédure concernant GlovoApp Morocco, active dans la commande et la livraison de repas via une plateforme numérique. Ouverte en février 2024 pour examiner de possibles pratiques anticoncurrentielles, elle s’est achevée en juillet 2025 avec l’approbation d’un accord de transaction. Celui-ci prévoit notamment la suppression des clauses d’exclusivité imposées aux restaurants partenaires et le plafonnement à 30 % des commissions de la plateforme.
Deux stratégies numériques à poursuivre
Ahmed Rahhou prend ses fonctions alors que le Maroc déploie Digital Morocco 2030, une stratégie présentée en septembre 2024 pour accélérer la numérisation des services publics et développer l’économie numérique. Le programme prévoit notamment la création de 240 000 emplois directs dans le secteur et une contribution de 100 milliards de dirhams (10 milliards $) au produit intérieur brut à l’horizon 2030. Il accorde une place importante aux start-up aux compétences numériques et aux activités d’externalisation de services informatiques.
Le pays a également présenté, en septembre 2026, la feuille de route Maroc IA 2030. Celle-ci vise à générer 100 milliards de dirhams de valeur ajoutée dans le PIB, à créer 50 000 emplois directs et indirects et à former ou certifier 200 000 personnes aux compétences liées à l’intelligence artificielle d’ici la fin de la décennie. Elle prévoit notamment le développement d’infrastructures de calcul, de capacités locales en IA et de solutions adaptées aux besoins du pays.

