Les aéroports internationaux sont des portes d’entrée stratégiques, dont la sécurisation repose sur l’anticipation des risques. Le numérique permet désormais d’analyser les données des voyageurs en amont pour mieux cibler les contrôles aux frontières.
Le Gabon prépare la mise en service d’un système numérique destiné à analyser les données des passagers internationaux avant leur arrivée sur le territoire. Le ministre d’État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a visité le lundi 12 octobre les installations de la société américaine Securiport LLC à l’aéroport international Léon-Mba de Libreville afin d’accélérer l’opérationnalisation du dispositif, selon l’Agence gabonaise de presse.
Des données analysées avant l’arrivée des voyageurs
Le système API-PNR repose sur deux catégories d’informations transmises par les compagnies aériennes. Les données API (Advance Passenger Information) comprennent notamment les informations d’identité du voyageur et les détails de son vol, recueillis lors de l’enregistrement. Les données PNR (Passenger Name Record) proviennent des dossiers de réservation et renseignent notamment sur l’itinéraire du passager.
Le traitement anticipé de ces informations permet aux services compétents de repérer les profils nécessitant des vérifications supplémentaires avant l’arrivée des vols. Selon les standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), ces données contribuent à mieux cibler les contrôles aux frontières. Au Gabon, le système est destiné à renforcer la prévention du terrorisme, du trafic de stupéfiants et d’autres formes de criminalité transnationale. Son efficacité dépendra également de la capacité des agents à analyser les alertes et à exploiter les informations collectées.
Un système prévu pour trois aéroports
Le déploiement du système repose sur une convention de concession signée en mai 2026 entre le gouvernement gabonais et Securiport LLC. L’entreprise américaine fournit les équipements, les logiciels et les services nécessaires à la collecte et au traitement des données des passagers. Le dispositif est prévu dans les aéroports internationaux de Libreville, de Port-Gentil et de Mvengué.
Son financement est encadré par deux arrêtés conjoints adoptés le 10 juin 2026. L’un instaure notamment une redevance de 30 dollars par passager sur les vols commerciaux internationaux au départ et à l’arrivée des aéroports internationaux gabonais. Collectée par les compagnies aériennes lors de l’émission des billets, cette somme sert à financer l’installation, l’exploitation et la maintenance de la plateforme. Les passagers en transit ou en correspondance, les enfants de moins de deux ans et les membres d’équipage en sont notamment exemptés.
À Libreville, les équipements sont désormais installés, mais leur mise en service reste à accélérer. La récente visite du ministre visait précisément à faire avancer cette phase opérationnelle. Le fonctionnement du dispositif dépendra ensuite de la capacité des services compétents à exploiter les données et les alertes générées pour mieux cibler les contrôles aux frontières.

